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Pour le respect des droits linguistiques des bascophones

Pour le respect des droits linguistiques des bascophones

Cette déclaration (faite lors du conseil municipal du 1er février 2018) donne suite à la drôle de situation qu'a engendré mon intervention en euskara du Conseil de Décembre. Même si mes paroles ont finalement été intégrées presque comme il le faut dans le PV, le problème linguistique persiste et il demande une solution.

01 Février 2018 | YVES MATXIKOTE JORAJURIA (IF)

Tout d'abord quelques précisions:

Depuis le début du mandat l'immense majorité des interventions faites en euskara a été traduite en français par ces mêmes élus intervenants.

Sachez que nous ne sommes pas traducteurs professionnels et que, au vu de l'histoire que vous avez voulu monter à ce sujet, le peu de considération que vous portez au travail de traduction que vous nous incombez a été mis en évidence.

Vous vous dites en faveur de l'euskara mais tant qu'elle reste un élément de décoration. Bref, si elle est là, soit, si elle ne l'est pas tant pis, puisque le français est la seule langue prise en compte.

La liste Ustaritz Avec Bon Sens menée par M. Saint-Jean a souhaité créer la polémique, elle y est même arrivé, sans savoir de quoi ni de qui elle parlait.

La liste Ustaritz Avec Bon Sens voudrait nous donner des leçons sur comment défendre la langue basque en nous démontrant que les bascophones discriminent les francophones… un comble.

Vous ne savez pas ce qu'est la discrimination. Cela ne peut pas, en tout cas, être le cas d'une communauté majoritaire et protégée par la loi…

Et si vous aviez participé aux commissions "Politique linguistique" vous auriez également constaté que, si le gouvernement municipal se dit lui aussi attaché à l'euskara, il n'est pas pour autant euskaltzale. L'euskara n'a ici ni rien ni personne de Pouvoir totalement en sa faveur.

Au fond, ce n'est pas la première fois qu'Ustaritz avec Bon Sens pratique le contraire de ce qu'elle revendique.

En novembre déjà (alors que je m'étais adressé à vous exclusivement en français NDLR), vous revendiquiez le droit à la Liberté d'Expression en indiquant au maire que mon intervention était inadmissible. Et pourquoi? Parce que je vous apportais une correction linguistique française, vous montrant que l'adjectif utilisé pour définir votre position était inadapté et n'avait pas de sens (suivant la définition du Larousse de la langue française en tout cas). Est-ce cela que vous appelez "le respect des analyses et des positions des uns et des autres"?

Lors de ce fameux biltzar de décembre, vous avez voulu m'imposer la traduction de mon intervention dans une seconde langue, vous qui ne vous exprimez qu'en français et ne souhaitez visiblement pas apprendre l'euskara. Au nom de la politesse en plus, comme si s'exprimer en euskara était malpoli. Nous devrions également regarder la définition du respect en français.

Mais le pire est venu par la suite, dans l'article que vous avez diffusé à la population, où vous sous-entendez que parler et défendre l'euskara, à l'égale des autres langues, correspondrait à un repli sur soi, comme si les polyglottes étaient les ennemis de la diversité…

Mais qui impose l'unilinguisme? Qui porte tort à la diversité du Monde? Devons-nous rappeler que c'est la République française que vous défendez ardûment qui a, en un court siècle, mis à terre et en situation tragique une langue de plus de 4.000 ans, par humiliation, mépris et exclusion, bref, discrimination?

J'ai été scolarisé dans l'école communale républicaine et grandi dans cette ambiance basco-française, c'est-à-dire celle des bascophones humiliés, qui ont dénié leur langue et méprisé tout ce qui était basque au nom de la grandeur de la france; une leçon bien apprise. En parallèle j'ai passé 10 ans dans une association musicale jacobine de la commune, de 8 à 18 ans, en jouant la marseillaise et tout, et en entendant les remarques méprisantes vis-à-vis des "autres" qui étaient à l'autre bout de Bilgune, les "baskoi", le monde "basque".

Pourtant, avec la maturité j'ai tourné le dos à ce monde excluant et ai décidé d'apprendre l'euskara, parce que, encore aujourd'hui, je crois en un autre monde, arc-en-ciel, où l'euskara pourrait vivre et se développer comme toutes les autres langues de la planète.

Il m'a fallu 3 ans pour l'apprendre, ce qui est un délai normal quand on est motivé, et fort heureusement je ne suis pas le seul à avoir pris cette voie.

J'ai un avantage donc, celui de connaitre votre monde autant que celui que j'ai dorénavant choisi.

Je ne suis pas plus que vous, et n'ai ni de super-pouvoir, ni de "gènes" hors-normes.

Ce chemin chacun de vous peut l'emprunter. Mais par choix vous ne le faites pas.

L'exclusion c'est vous qui vous l'imposez à vous-même.

L'obsession que vous avez au sujet du lieu de naissance, des preuves généalogiques, et l'allusion aux races de votre entourage, alors qu'on parle d'une intervention en euskara, en langue basque, est assez explicite.

Je suis né, j'ai grandi, j'ai été à l'école, je travaille et je vis à Uztaritze, je devrais surement avoir le " pédigré " selon vos critères, mais j'aurais tout aussi bien pu venir d'ailleurs, car il y en a, venus de l'extérieur qui ont appris et qui respectent l'euskara, qui sont bien plus ouverts que beaucoup de ceux qui ont votre "pédigré".

Et dans cette ambiance M. le maire serait tombé innocemment dans le piège politique tendu par l’opposition? Je ne sais pas… mais sa déclaration est là:

"Le français étant la langue partagée par tous, les prises de parole doivent donc bien entendu se faire en français, soit exclusivement, soit euskara et français".

Monsieur le maire, plutôt que de te préoccuper de la cohérence des autres, prends garde à la tienne vis-à-vis de notre programme électoral de 2014 et des textes internationaux que tu as rappelé dans le bulletin municipal de juillet dernier. Ne trahis pas notre parole. Je te demande de garantir le respect des droits linguistiques des bascophones.

Ainsi, je voudrais te motiver à répondre en terme pratique également, en proposant un sytème de traduction simultanée pour ceux qui ne comprennent pas l'euskara.

Comme nous le faisons dans le plan ADAP, mettons les moyens adaptés pour les monolingues, afin d'offrir les même possibilités aux divers orateurs et oratrices.

Ce serait pour le coup une grande avancée pour l'euskara, car cela permettrait à l'ensemble des bascophones de cette assemblée de s'exprimer dans leur langue et d'être compris.

De plus, j'ai demandé un devis au professionnel des environs. Le coût serait de 1.500 € par an, pour garantir la traduction des interventions en euskara vers le français seulement.

Bref, en prenant en compte que la charge du personnel est de 2.677.154 €, le coût de cette traduction reviendrait à 0,05% de ce budget. Ramené au budget de fonctionnement ce coût serait de moins de 0,03%; une broutille pour une mairie comme la notre.

Le conflit linguistique, souvent étouffé, que vit ce pays est à nouveau à l'ordre du jour. Il est le marqueur d'une situation d'exception et reste un sujet à résoudre pour atteindre la Paix.

Je voudrais donc remercier la liste Ustaritz Avec Bon Sens et Jean-Claude Saint-Jean pour avoir si vivement impulsé cette proposition, même si l'intention était toute autre...

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