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Opinion

La Zad et la guerre civile mondiale

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L'offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives. Et s'inscrit dans une tendance mondiale des classes dirigeantes néo-libérales à imposer un pouvoir fort.

09 Avril 2018 | HERVE KEMPF (REPORTERRE)

2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères... ainsi que quelques centaines de CRS à Nantes et à Rennes, pour couvrir l'arrière... la France sera lundi 9 avril en guerre. Contre qui? Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent, vont et viennent. L'appareil militaire de la France, qui intervient au Mali, en Syrie, en Irak - sans que le Parlement en débatte, contrairement à ce que prescrit l'article 35 de la Constitution -, s'apprête donc à se déployer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

On sait la logique apparente de cette opération que tout être sensé considérerait comme la manifestation la plus aigúe d'un grand délire: après avoir cédé devant une lutte populaire en abandonnant le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement veut signifier sa force en expulsant des "occupants illégaux". Il méprise les procédures qui encadrent rigoureusement la procédure d'expulsion, il rejette sans discussion la proposition de gestion collective de terres entretenues depuis dix ans par ces occupants, et il n'a pas le moindre projet concret d'utilisation de cette zone à l'écologie unique et préservée précisément grÀ¢ce à celles et ceux que MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot veulent chasser.

Ce brillant quatuor pourra ainsi, grÀ¢ce aux images et aux commentaires complaisamment relayés par les médias de MM. Niel, Drahi, Bolloré, Dassault, Lagardère, Bouygues, et tutti quanti, montrer à l'opinion ce que signifie ""l'ordre" et indiquer aux divers mouvements sociaux qui bouillonnent dans le pays ce à quoi ils peuvent s'attendre.

Ce qu'ont pour mission d'abattre les 2.500 robocops, c'est la possibilité de vivre autrement

Mais ce n'est pas ce seul effet politique que cherchent M. Macron et ses sbires. La disproportion des moyens employés indique que ce que qui se vit à la Zad menace l'ordre néo-libéral dont ils sont les chantres brutaux: la possibilité d'exister autrement, de chercher la coopération plutôt que la compétition, de s'organiser sans hiérarchie entre les êtres, de régler les conflits sans police ni justice, de partager le commun en harmonie avec ce qu'on appelle la nature, de subsister sobrement, de sortir de l'assujettissement de l'argent... Y arrive-t-on sur la Zad? On ne peut le dire. Mais on essaye vraiment, et de nombreux faits attestent qu'il y a bien là une magnifique alternative, une fenêtre ouverte dans le mur asphyxiant du capitalisme. Ce qu'ont pour mission d'abattre les 2.500 robocops envoyés par le président banquier, c'est la possibilité de vivre autrement.

Il faut aller encore plus loin. Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes s'inscrit dans une guerre générale menée par l'oligarchie contre les peuples. L'actualité la plus immédiate vient de nous montrer comment le porte-parole des pauvres du Brésil, Lula, a été emprisonné au terme d'une ahurissante procédure, ou comment l'État israélien tue des manifestants et des journalistes dans la bande de Gaza. Ce ne sont que les derniers éclats d'une vague mondiale continue d'autoritarisme de la part des classes dirigeantes. Presque toute l'Amérique latine (Brésil, Chili, Argentine, Pérou, Guatemala,...) est passée sous la coupe de régimes durs qui appliquent la recette néo-libérale. En Chine, le président Xi Jinping a récemment renforcé son pouvoir. En Russie, Poutine règne en étouffant toute opposition. Aux Etats-Unis, Trump poursuit sa politique de dérégulation financière et environnementale sans contre-pouvoir réel. En Egypte, aux Philippines, en Pologne, en Inde, dans des dizaines de pays, on retrouve cette combinaison d'un pouvoir fort, défendant les intérêts de l'oligarchie, et détruisant l'environnement au nom de la croissance. De plus en plus, l'Europe évolue vers ce nouveau modèle d'oligarchie autoritaire. C'est en fait une guerre civile mondiale qui se déroule, une guerre que mènent les classes dirigeantes contre des peuples hébétés par la mondialisation, et contre les fractions qui parviennent encore à s'opposer à la stratégie du choc suivie par les capitalistes.

80 tonnes de CO2 par an: les vrais criminels

Un chiffre indique l'enjeu de ce qui n'est pas seulement une lutte sociale, mais bien une guerre à propos de l'avenir de l'humanité sur une planète en proie à une crise écologique historique: les membres du groupe des 1 % les plus riches du globe émettent en moyenne chaque année 80 t de CO2, soit neuf fois plus que la moyenne de la population mondiale (6,2 t). Autrement dit, les plus riches sont les plus pollueurs. Et vue la gravité du changement climatique et de ses impacts prévisibles, on peut dire que ces émetteurs de 80 t de CO2 par an sont véritablement des criminels.

Ce que promeuvent les oligarchies, c'est la possibilité de maintenir un système où elles nuisent à l'intérêt général. Car le coeur de l'intérêt général, en ce début du XXIe siècle, est la question écologique, dont l'issue commande les conditions d'existence de l'humanité. Il est presque ironique que leur attaque du moment vise un lieu où précisément on cherche à trouver des voies pour - entre autres - vivre d'une façon qui n'altère pas le climat.

Voilà pourquoi MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot, qui préservent les intérêts des membres des 80 tonnes par an, sont eux aussi criminels, et voilà pourquoi il faut défendre la Zad.

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Opinion

Lettre aux Mintzalagun

28 Juin 2018 | LES MAIRIES DE AMASA-VILLABONA, ZIZURKIL, ANOETA, TOLOSA, AEK ANDOAIN ET GALTZAUNDI EUSKARA TALDEA

Ordubete. Ordubetean kafetxo bat har dezakezu lagunarekin, edo paseo bat eman, edo erosketak egin... Ordubetean bada ere, euskaraz bizi zaitezke. Horrela erabaki dute Tolosaldeko hainbat lagunek, astean ordubete hartu eta kidearekin euskaraz egitea: mintzalagun egin dira.

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Opinion

La porte est fermée

26 Juin 2018 | THOMAS GIACOMINI (AGENT CIRCULATION GARAZI / BAIONA à¢'€'“ ADHéRENT LAB)

Le 23 novembre 2015, M. Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine avec sa cour politique du jour inaugurait la réouverture de la ligne Garazià¢'€'‰/ Bayonne après de long et coûteux travaux (64.5 millions d'€) pour "améliorer la circulation des trains de proximité et des déplacements domicileà¢'€'‰/ travaux", selon une communication de la Région et de la SNCF.

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Anekdota bat ez hain anekdotikoa

Anekdota bat  ez hain anekdotikoa

21 Mars 2018 | BEñAT CASTORENE

Lehenik eta behin, Lore eta If eskertu behar dira baita sustengatu dituzketen beste zinegotzi guziak ere, gure hizkuntzaren defentsan agertu dituzten kuraiarengatik. Hain segur, badu denbora luzea ez zela horrelakorik ikusi Uztaritzeko Herriko etxean.

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C'est notre Tour!

21 Mars 2018 | ARMAND JAUNARENA, GARIKOITZ MUJIKA, ELORRI ARIN, OIER HIRIART, XIMUN DUHOUR, SANDRA POCHULU, OIER OA, PAXKAL ELGART, ROBERTO MURGIONDO

Le Tour de France passera au Pays Basque, le 28/7/2018, à l'occasion de l'étape contre la montre entre Senpere et Ezpeleta. Une nouvelle visite sur la carte du Tour se concrétise alors que nous subissons, comme peuple, une situation de non reconnaissance de nos droits humains collectifs les plus élémentaires.

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Opinion

Une des réponses qui aurait dû émerger

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07 Février 2018 | LORE ARISTIZABAL ANDIAZABAL

En tant qu'élus nous avons le devoir d'impulser et de normaliser la pratique de l'euskara dans notre ville, axe central du plan d'action de la politique linguistique que nous avions élaboré dans lequel toutes les mesures sont déclinées. Il ne s'agit pas de laisser cette lourde mission à la seule responsabilité et conscience individuelles des euskaldun.

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Opinion

Pour le respect des droits linguistiques des bascophones

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01 Février 2018 | YVES MATXIKOTE JORAJURIA (IF)

Cette déclaration (faite lors du conseil municipal du 1er février 2018) donne suite à la drôle de situation qu'a engendré mon intervention en euskara du Conseil de Décembre. Même si mes paroles ont finalement été intégrées presque comme il le faut dans le PV, le problème linguistique persiste et il demande une solution.

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Opinion

De la vraie défense de la langue basque à Ustaritz

04 Janvier 2018 | JC SAINT-JEAN, POUR LA LISTE USTARITZ AVEC BON SENS

Lors de la séance du conseil municipal du 07 décembre dernier, à l'occasion d'une de ses interventions, l'un des membres de la majorité municipale, comme de coutume s'est exprimé en premier lieu en langue basque, mais avec une différence notable cette fois-ci, en effet il a catégoriquement refusé, dans un second temps, de traduire en français, à l'attention des nombreux élus non bascophones, le sens et la portée de son intervention.

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