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Opinion

La porte est fermée

Le 23 novembre 2015, M. Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine avec sa cour politique du jour inaugurait la réouverture de la ligne Garazi / Bayonne après de long et coûteux travaux (64.5 millions d’€) pour “améliorer la circulation des trains de proximité et des déplacements domicile / travaux”, selon une communication de la Région et de la SNCF.

26 Juin 2018 | THOMAS GIACOMINI (AGENT CIRCULATION GARAZI / BAIONA – ADHéRENT LAB)

Tous avaient le sourire pour la photo et pour aller manger des petits fours à la mairie de Garazi, encore plus ceux qui n’avaient pas payé leurs billets (5 €) car ils avaient oublié leurs invitations à voyager entre Bayonne et Garazi. Aujourd’hui, avant ou après ces travaux, le constat est toujours le même depuis 2008. C’est une désorganisation organisée qui caractérise cette ligne: peu de liaison pour Bayonne, fermeture à la circulation pour des problèmes sur la voie (3 mois en 2017, 2 mois en 2018), suppressions de trains, horaires incohérents avec l’arrivée de la LGV… Pour améliorer nos conditions de travail et le service pour nos usagers (les deux sont liés), nous avons interpellé à plusieurs reprises la SNCF, mais face au mur du “dialogue social” de notre entreprise, nous avons décidé de changer de stratégie, et donc de réveiller nos élus. Réveiller, car, tous, partis et mandats confondus, nous n’avons jamais entendu le son de leurs voix face à cette situation, alors qu’il y a 15 000 à 18 000 voitures par jour qui passent par Ustaritz pour rejoindre les 50 000 véhicules à Anglet Sutar. Ah! Pardon, la mairie d’Ustaritz propose une rocade pour déplacer le problème qui ne fera que détruire de nouvelles terres agricoles et, à l’avenir des constructions aux abords de cette rocade, avec des magasins ouverts le dimanche! Voilà la solution, du goudron et du béton alors que tous les trains s’arrêtent à Ustaritz. Et le maire de Bidarray préfère le bus au train pour ses administrés puisqu’il ne va jamais à Bayonne aux heures de pointe.

Pas de nouvelles

Par ailleurs, j’ai été reçu en octobre 2016 par le maire de Bayonne. Depuis pas de nouvelles. L’été dernier, j’ai remis deux dossiers à la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) et, il y a un mois, j’ai remis un nouveau dossier à M. Olive, président de la Commission mobilités de la CAPB, et à Mme Lasserre, députée. Toujours silence radio, alors que Mme la députée lors d’une audience sur la réforme ferroviaire, nous a joué du violon avec son combat pour les lignes de maillage du territoire. Il y a même un élu qui n’a jamais répondu à mes appels. Il faut dire que nous n’attendons pas ensemble nos enfants à la sortie de l’école.

C’est frustrant de rester devant une porte fermée, mais le plus frustrant est de savoir que la CAPB a pris le dossier en main en faisant des réunions avec la Région et la SNCF (les cadres!) sans jamais nous y convier. Nous restons toujours devant une porte fermée.

Qui a peur des cheminots, des quais, des aiguillages, des trains, des guichets? Vous, les élus de notre territoire? La Région? La SNCF?

Avant que nous passions par la fenêtre, ce serait constructif de recevoir une invitation de la part de la CAPB pour apporter notre expertise de terrain et pour savoir où nous allons sur cette ligne, car nous entendons des bruits de “locomotives” qui ne nous plaisent pas. Même topo pour la ligne du Souffre sur Bayonne. Je tiens à vous rappeler que c’est la Région et la SNCF qui veulent réduire les horaires du guichet de Garazi de 80 heures à 36 heures par semaine, soit la mort de la gare et un mauvais signe pour le développement de la ligne.

Des élus déconnectés

De plus, Mme, M. les élus, vous pourriez sortir de vos bureaux et faire un stage terrain au premier rond-point de Sutar lorsque l’on vient de Garazi de 7h30 à 9h30 en semaine, pour vous rendre réellement compte de la situation. Les cheminots l’ont fait pour distribuer des tracts. C’est hallucinant! Pollution, stress des bouchons avant le stress du travail, peut être que cela va accélérer le dossier de la ligne Garazi / Bayonne et convaincre les sceptiques.

Vous pourriez aussi prendre exemple sur la ligne Strasbourg / Saales où élus, cheminots et usagers ont manœuvré sans répit pour le maintien de cette petite ligne avec aujourd’hui quatre fois plus de voyageurs qu’il y a 20 ans, des économies pour les voyageurs et des embouteillages en moins.

Evidemment, l’argument “roi” dans la lenteur du dossier est l’argent et au vu de la polémique sur la taxe Transport, cela ne risque pas de s’arranger. Pourtant, en 2014, la SNCF a reçu 318 millions d’€ du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) pour 1 400 emplois supprimés, 10 000 à venir d’ici 2020. D’autre part, l’actuel ministre des Armées, Mme Parly, a touché 52 000 € par mois pendant six mois en tant que directrice SNCF Voyage car elle avait des “responsabilités”, celle de supprimer des emplois. Avec ce salaire, nous avons trois postes d’Agent Circulation à Cambo à 1 500 € par mois pendant six ans, nécessaire à l’augmentation du trafic sur la ligne. De l’argent à la SNCF, on en a puisque Mathias Vicherat, Haut Fonctionnaire de la promo de Macron, et actuel Directeur Projet et Communication à la SNCF, a refusé de donner le montant de son salaire à Vincent Jauvert, auteur du livre Les intouchables d’Etat, bienvenue en Macronie

Sans oublier, les dépenses pharaoniques en communication de la SNCF comme les six millions d’€ pour l’inauguration de la LGV de Paris / Bordeaux.

Et au lieu de s’attaquer à la Réforme de la SNCF, il aurait été plus urgent de s’attaquer à l’évasion fiscale (80 milliards par an) pour donner des moyens à l’Education, à la Santé, à la Justice, aux Transports… Mais pour notre Président, ancien banquier d’affaires qui a gagné deux millions en trois ou quatre réunions pour une fusion-acquission, et candidat de l’oligarchie, cela ne fait pas partie de ses orientations politiques. Il a mieux à faire en détruisant le programme du Conseil National de la Résistante (CNR) appelé aussi “Les Jours Heureux”, en s’attaquant au statut des cheminots assimilé à celui des fonctionnaires, puis aux fonctionnaires avec CAP 2022, aux retraites en 2018, aux aides sociales et à la Sécurité Sociale... C’est un vœu du Medef depuis des années puisque Denis Kesler, le n°2 à l’époque, l’avait affirmé dans une interview. Pensée bien relayée par les médias, avec 80 % de la presse, radio, télé qui appartiennent à neuf milliardaires, une concentration qui était combattu dans le programme du CNR. Ce programme est quand même issu d’une guerre contre le fascisme et le nazisme, et pour plus de solidarité, d’égalité entre les citoyens. Cette destruction n’est qu’une vengeance idéologique, politique car le patronat a dû “raser les murs” en 1945 pour avoir choisi la collaboration avec les nazis.

Aujourd’hui, l’histoire se répète puisque le cimentier Lafarge fait affaire avec Daesh et la République française vend des armes au Moyen-Orient, mais les médias stigmatisent les Français de confession musulmane, sans se préoccuper des affaires sales.

En tirant vers le bas les salariés, en faisant du chantage à la comparaison entre les travailleurs, notre société ira-t-elle mieux? La caissière d’un supermarché aura-t-elle un contrat moins précaire qui lui permettra de ne plus travailler le dimanche si les cheminots n’ont plus de statut? Les usines Continental et Goodyear reviendront-elles en France?

L’ultralibéralisme et sa fameuse maxime thatchérienne “Il n’y a pas d’alternatives” est en train de détruire notre société et notre modèle social. Et ceux qui pensent le contraire sont des ultralibéraux, ou ont une éducation politique de canapé télévisuel et non de fauteuil de lecture. Mais à force, elle nous ramènera au fascisme puisque la Marionnette “extrême droite” échappera, peut-être, un jour, à son manipulateur et, les capitalistes feront toujours des affaires.

Pour terminer et revenir sur le ferroviaire, ces derniers temps un ultra gauchiste syndicaliste a fait quelques sorties médiatiques: “je n’arrive plus à parler avec les dirigeants de la SNCF”, “sur une ligne ou l’exploitation est difficile à cause de la vétusté des voies, la SNCF m’a dit d’arrêter les trains, et de faire des bus, je leur ai rappelé que la SNCF, c’est le chemin de fer et que le bus, c’est terriblement moderne” et “il y a une technostructure SNCF déconnectée des cheminots et de leurs usagers”. Et, non, c’est Xavier Bertrand, président de la Région Haut-de-France, ancien ministre sous Sarkozy et futur représentant syndical à la SNCF.

Vous comprenez pourquoi la ligne Garazi / Bayonne ne marche pas, pourquoi il faut à tout prix réformer la SNCF, sauf que c’est une réforme sans vision puisque le rapport Spinetta emploi 86 fois le mot “concurrence” et pas une seule fois le mot “environnement”. Une réforme qui, si elle passe dans cette configuration, fera mal aux cheminots, mais aussi aux usagers.

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Lettre aux Mintzalagun


ARMAND JAUNARENA, GARIKOITZ MUJIKA, ELORRI ARIN, OIER HIRIART, XIMUN DUHOUR, SANDRA POCHULU, OIER OA, PAXKAL ELGART, ROBERTO MURGIONDO

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50 ans du groupe Izartxo
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Cette déclaration (faite lors du conseil municipal du 1er février 2018) donne suite à la drôle de situation qu'a engendré mon intervention en euskara du Conseil de Décembre. Même si mes paroles ont finalement été intégrées presque comme il le faut dans le PV, le problème linguistique persiste et il demande une solution.

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